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     Association Sorézienne
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    FRANCE

    Les drapeaux

    Historique des drapeaux de l'école.

    Nous connaissons tous le dernier drapeau de l'école, qui date des années 40. Mais les précédents ? Petit retour en arrière à travers l'Histoire..

    Lors du bicentenaire de 1976, des élèves ont défilé en uniforme des Écoles royales militaires, derrière un drapeau censé être celui de 1776 : blanc avec trois fleurs de lys. Petit problème : ce drapeau n'a jamais existé.

    L'Ancien Régime ne connaissait pas de drapeau "tous usages", il a fallu attendre 1794 pour que la Convention uniformise tout avec le tricolore dessiné par le peintre David.

    Auparavant, il y avait le drapeau du royaume et de la marine royale (tout blanc sans aucun motif), celui du roi (blanc avec fond fleurdelysé et les armes royales), celui de la famille royale (blanc avec fond fleurdelysé), celui de la marine marchande (bleu avec une croix blanche, avec ou sans les armes royales - c'est l'ancêtre du drapeau québecois), sans compter les innombrables drapeaux militaires : chaque régiment avait le sien, avec des arrangements de couleurs différentes, le seul point commun étant une croix blanche.

    Et les écoles militaires ? Nous n'en savons rien, nous ne pouvons qu'avancer des hypothèses.

    Première hypothèse : sachant que l'école avait adopté les armoiries du Languedoc (la croix de Toulouse), telles qu'elles figurent au dessus de l'entrée principale du XVIIIe siècle (à hauteur de la cour des Rouges), on peut supposer qu'un drapeau les reproduisait. Lacordaire a fait figurer la croix sur les armoiries de l'école, et elle a été présente sur les derniers drapeaux que nous avons connus.

    Deuxième hypothèse : général en chef de l'armée vendéenne à 20 ans, Henri de La Rochejaquelein n'avait connu que Sorèze, la Révolution ayant stoppé sa formation militaire. Il adopta un drapeau qui lui était propre, blanc avec les armes royales, mais portant une croix au milieu des fleurs de lys. Était-ce un souvenir de Sorèze, avec les lys (l'École royale) et la croix (les Bénédictins qui administraient l'école et assuraient l'enseignement autre que militaire) ? Allez savoir...

    Troisième hypothèse : en 1820, Louis XVIII donne à l'École spéciale militaire de Paris (qui, auparavant, était l'aboutissement des études préparées dans les Écoles royales) un drapeau spécifique, blanc fleurdelysé avec les armes royales. Était-ce un souvenir du passé des Écoles militaires précédentes ? Pour ma part, j'en doute, car la Restauration a uniformisé son système de drapeaux : c'est toujours pratiquement le même.

    Donc, nous voilà Gros Jean comme devant : nous n'en savons rien. Et l'École avait-elle réellement un drapeau ? Si oui, je pencherais pour ma part pour l'hypothèse La Rochejaquelein, qui semble plausible.

    Passons à Lacordaire. Lorsqu'il reprend Sorèze en 1854, il lui donne un drapeau très simple, qui était autrefois visible au musée de l'école et qui a disparu depuis (le collectionneur anonyme serait bien inspiré de le restituer... même anonymement). Il montre les trois couleurs des divisions de l'école à l'époque : rouge, bleu, jaune, disposées verticalement comme dans le drapeau tricolore.

    Curieusement, c'est exactement le drapeau de Simon Bolivar, aujourd'hui repris, avec des dispositions différentes, par plusieurs des pays nés des guerres du "Libertador" : Venezuela, Équateur, Colombie. C'est peut-être l'une des raisons de la légende de Bolivar sorézien, d'autant qu'il est venu à Sorèze plusieurs fois dans les années 1800. Sa famille comptait pas moins de six élèves à Sorèze, quatre neveux et deux cousins. Qui plus est, au XIXe siècle, Bolivar était une superstar qui incarnait les idées de Liberté chères au Père Lacordaire.

    Dans les années 1900, avec la création de la division des Verts, un autre drapeau s'impose (il a lui aussi disparu, hélas). On ne peut pas dire que ce soit une réussite esthétique, mais il correspond aux goûts de l'époque. Sur fond des quatre couleurs, il montre la croix dominicaine, noire et blanche et fleurdelysée, les armoiries du Languedoc et celles de l'École. Il sera en usage jusque dans les années 1940.

    Après la guerre, on modernise l'uniforme qui garde les mêmes couleurs mais s'adapte à celui de l'armée française, avec le calot, et le drapeau est simplifié. C'est celui que nous avons connu : toujours les quatre couleurs, la croix dominicaine, d'un côté les armes du Languedoc et de l'autre celles de l'ancienne abbaye, la devise de l'École et celles des deux ordres religieux, Pax (Bénédictins), Veritas (Dominicains).

    Il est aujourd'hui au petit musée de l'Abbaye-école. J'espère qu'il est lui-même bien protégé, car le collectionneur anonyme doit lorgner sur lui, et ça, nous n'en voulons pas : pas touche au drapeau qui nous est cher et derrière lequel nous avons défilé.

    Philippe Houbart (1957-1961)
    • Drapeau du défilé du bicentenaire de l'École royale militaire en 1976. Drapeau du défilé du bicentenaire de l'École royale militaire en 1976.
    • Drapeau sous Lacordaire en 1854 Drapeau sous Lacordaire en 1854
    • Le drapeau de l'école en 1940 Le drapeau de l'école en 1940

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